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Evaluation ROOM du projet RESANORD2 Novembre 2013

Renforcement de la Sécurité Alimentaire dans les Zones Enclavées du Nord de la Guinée (RESA Nord 2), ROM novembre 2013

Rapport final – Résumé des conclusions

Pertinence et qualité de la conception

Ce projet est très pertinent (pont entre projet d’urgence et de développement). Il permet avant tout de consolider les résultats du projet RESA 1 (Renforcement de la Sécurité Alimentaire dans les Zones Enclavées du Nord de la Guinée) à savoir :

  • i) l’augmentation des volumes de production riz/mais/Pomme de terre,
  • ii) l’aménagement de bas-fonds,
  • iii) la mise à disposition d’infrastructures de transformation-stockage-conditionnement,
  • iv) l’accompagnement technique des agriculteurs,
  • v) la maîtrise de la gestion de projet.

Le projet RESA 2 introduit :

  • i) l’appui d’une filière supplémentaire (oignon),
  • ii) l’appui à la nutrition,
  • iii) et un volet structuration/formation plus conséquent auprès des producteurs.

Ce projet répond aux besoins prioritaires des groupes cibles à savoir l’augmentation des revenus, l’amélioration des conditions de vie et de la sécurité alimentaire des familles. Il soutient l’amélioration de la politique nationale agricole malgré l’absence de soutien du Gouvernement dans ce secteur.

De même, RESA 2 est en adéquation avec la stratégie de l’UE en matière d’appui post crise en Guinée. Il s’intègre dans un programme plus global, le PARSAN (Programme d’Appui au Renforcement de la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle). Le programme PNAFAA (Programme d’Appui aux Acteurs des Filières Agricoles) financé par le FIDA vient compléter le projet RESA à travers principalement le désenclavement des zones (réalisation de pistes). Le projet est bien conçu (cadre logique de bonne qualité, indicateurs SMART).

La logique d’intervention est claire et cohérente. Elle prend en compte les expériences passées et leçons tirées du RESA 1 pour : une meilleure durabilité des groupements de producteurs, une appropriation optimisée des aménagements, une consolidation du travail associatif entre agriculteurs, une continuité des activités d’alphabétisation et une professionnalisation de la FPFD (Fédération des Producteurs du Fouta Djallon). Les ressources et le calendrier mis en oeuvre sont appropriés à l’objectif spécifique.

La conception du projet est pleinement soutenue par l’ensemble des partenaires et parties prenantes. La FPFD fait preuve de flexibilité face à un contexte socio politique peu favorable. Le projet prend en compte les aspects transversaux que sont le genre, l’environnement et la bonne gouvernance.

Efficience de mise en oeuvre à ce jour

Les moyens et ressources sont gérés de manière transparente et responsable et sont mis à disposition dans les temps. La FPFD est presque autonome dans la gestion des ressources financières et procédures contractuelles.

Le transfert de compétence du CCFD (Comité Catholique contre la Faim et Développement) et du GRET (Groupe de Recherche et d’Echanges Technologiques) est important. Cependant les moyens humains et financiers ont été quelque peu sous-estimés dans le budget. Le personnel en place est un peu insuffisant. Aussi, certaines lignes budgétaires sont-elles insuffisantes : intrants, aménagements, sécurisation de l’environnement et pièces de rechanges du matériel agricole. Les activités sont mises en oeuvre correctement. Un léger retard se fait ressentir par rapport au calendrier prévu mais la FPFD fait preuve de suffisamment de rigueur et de capacité d’adaptation pour rattraper ce dernier.

Face au contexte politique actuel, la FPFD a dû changer de stratégie pour l’approvisionnement des producteurs en engrais. L’action est relativement bien coordonnée avec les autres projets.

Les activités réalisées à ce jour sont relatives à :

  • i) la fourniture et à l’équipement agricoles,
  • ii) la mise en valeur des surfaces emblavées,
  • iii) l’approvisionnement en intrants,
  • iv) l’élaboration des termes de référence du diagnostic agraire,
  • v) la formation de nouveaux paysans relais,
  • vi) les séances de démonstration à la base,
  • vii) la formation d’alphabétiseurs et paysans encadreurs,
  • viii) l’ouverture de centres d’alphabétisation,
  • ix) la formation de producteurs sur la démarche du conseil de gestion,
  • x) l’organisation de visites d’échange inter groupements,
  • xi) la formation de producteurs sur l’utilisation des engrais et herbicides,
  • xii) la participation à des rencontres,
  • xiii) les réunions des instances d’orientation et de pilotage du projet,
  • xiv) l’élaboration du plan de communication visibilité.

Le retard pris concerne les activités de :

  • i) consolidation des périmètres aménagés sur RESA 1,
  • ii) mise en valeur des surfaces en riz-mais-pomme de terre,
  • iii) essai de fertilisation en milieu paysan,
  • iv) consolidation des capacités des comités de gestion des infrastructures,
  • v) diagnostic sur les pratiques alimentaires,
  • vi) renforcement des capacités des élus des unions. Le point fort du projet réside avant tout dans le professionnalisme de la FPFD, mais aussi l’implication permanente et la responsabilisation de l’ensemble des parties prenantes.

Efficacité à ce jour

Le projet ayant démarré en avril 2013, il est difficile de juger son efficacité. Il est fort probable que l’objectif spécifique soit atteint « Appuyer la structuration de 4 filières agricoles (riz, mais, pomme de terre et oignon) via les services consolidés de la FPFD, de ses unions et groupements, en vue de renforcer la sécurité alimentaire, générer de la richesse et améliorer la situation nutritionnelle dans les préfectures de Gaoual, Koundara et Mali ».

On peut d’ores et déjà prévoir de nombreux effets sur les groupes cibles.

Actuellement, les indicateurs renseignés sont :

  • a) R1 : 1616 ha labourés pour le riz, 912 ha labourés pour le maïs, 187 ha de pomme de terre d’intersaison, 70 T de semences de pomme de terre achetées et distribuées, 260 T d’engrais achetées et distribuées, un appui-conseil sur les techniques de semis et entretien du riz, maïs, pomme de terre hivernale réalisé par les conseillers et paysans relais ;
  • b) R3 : 420 groupements/545 appuyés dans leur structuration, soit 12216 adhérents/15558 attendus ;
  • c) R5 : 3 participations à des rencontres nationales et sous régionales. Rencontre de la FPFD avec les autorités préfectorales ;
  • d) R6 : 3 réunions bimestrielles des zones, 6 réunions mensuelles de l’équipe projet, un système de suivi monitoring opérationnel.

Au regard des activités déjà réalisées, on peut s’attendre à :

  • i) une augmentation des volumes de productions agricoles,
  • ii) une amélioration
  • de la valorisation et commercialisation des produits,
  • iii) un renforcement des capacités techniques et organisationnelles des producteurs dans la gestion des exploitations agricoles,
  • iv) un réel engagement de la FPFD dans le dialogue avec les autorités et partenaires au développement agricoles de la Guinée et
  • v) une amélioration des pratiques en termes de gestion de projet.

Les groupes cibles sont satisfaits de la qualité des effets du projet. Il faut noter le risque de déséquilibre d’assistance apporté aux producteurs ainsi que les effets négatifs induits par le système de subvention.

Impacts attendus

Il est encore trop tôt pour juger les impacts du projet mais ce dernier devrait ’’contribuer à la réduction de la pauvreté et de la malnutrition et à la souveraineté alimentaire dans le Fouta Djallon".

Les impacts probables sont nombreux, à savoir : l’augmentation des revenus, la création d’emplois, l’amélioration des conditions de vie des populations (alimentation, scolarisation, santé), la diversification alimentaire, la réduction de l’insécurité alimentaire, la protection de l’environnement (reboisement, diminution des feux de brousse, fertilité des sols), l’augmentation de personnes alphabétisées, la diminution de l’exode rural.

A l’issue du projet, la FPFD aura renforcé son appui auprès des groupements et unions de la zone et renforcé la maîtrise des outils de gestion de projet. Les unions et groupements auront renforcé leur fonctionnement, mis en place des dispositifs de gestion pour assurer leur durabilité et pourront faire appel à des personnes ressources. Les producteurs auront amélioré leurs pratiques culturales, mis en valeur les périmètres, ils seront sensibilisés sur le rôle, le fonctionnement, l’apport des instances collectives paysannes dans la mise en oeuvre des activités agricoles ; ils auront renforcé leurs connaissances et compétences en gestion et maintenance des matériels et/ou infrastructures et auront acquis des connaissances en matière de nutrition et son articulation avec la production et la commercialisation en matière de sécurité alimentaire.

Le projet devrait connaître de nombreux impacts indirects positifs, tels que des effets multiplicateurs (via les visites d’échanges, la volonté d’innovation des producteurs, la mise en place de paysans relais, l’acception de la diversification alimentaire). Egalement, les effets long terme dans les domaines transversaux seront de taille concernant l’implication croissante des femmes et des jeunes dans la vie associative et les changements de comportement en faveur de la protection de l’environnement.

Viabilité potentielle

Le projet devrait être viable financièrement et économiquement après sa clôture. L’appropriation par les groupes cibles et parties prenantes étant un point fort du projet, cela devrait renforcer la durabilité des résultats.

En termes financiers, la FPFD dispose d’un fonds de roulement assuré par les cotisations des membres et les remboursements des crédits intrants. Ce fonds de roulement de la FPFD a été fortement endommagé par l’achat plus onéreux que prévu des engrais. Cependant, la FPFD est une structure quasi autonome, capable de gérer des projets seule et surtout permettant de pérenniser les acquis du projet après sa clôture.

Elle dispose de ressources humaines et institutionnelles pérennes. Les OP (organisations paysannes) sont relativement autonomes financièrement pour assurer la durabilité des infrastructures. En revanche, la subvention (engrais et labours) risque de poser problème sur le long terme auprès des producteurs accoutumés.

Au niveau institutionnel, la durabilité dépend de la capacité des organisations bénéficiaires à maintenir un système vertueux capable de générer des fonds en commun et de les mobiliser pour un appui efficient à leurs membres.

Au niveau politique, la mobilisation et l’adhésion des autorités locales assurent un soutien aux activités du projet et le maintien à venir des structures organisationnelles appuyées. Enfin, les politiques publiques ne soutiennent aucunement la durabilité de l’action. Les élus locaux et services techniques de l’état manquent cruellement de moyens financiers et matériels pour assurer la poursuite des bénéfices du projet. Au regard de la mise en oeuvre du plan de viabilité, le projet ne devrait pas nécessiter de financements supplémentaires après sa clôture.

Observations et recommandations

Le projet est pertinent, il s’inscrit dans une dynamique partenariale très performante. Malgré un léger retard dans la mise en oeuvre, il est fort probable que les résultats soient atteints. La recherche de pérennité est bien intégrée dans la stratégie du projet.

FPFD :

  • 1) Analyser les bénéfices économiques des différents modèles d’exploitation et favoriser des modèles accessibles aux producteurs.
  • 2) Effectuer un suivi rapproché quant à la gestion du calendrier cultural par les producteurs.
  • 3) Renforcer la mise en place de dispositifs de fonds de roulement au sein des groupements.
  • 4) Envisager un travail supplémentaire sur la multiplication des semences d’oignons afin de réduire la dépendance extérieure pour l’approvisionnement en semences.
  • 5) Développer la stratégie d’autofinancement de la Fédération à travers les services rendus auprès des OP.
  • 6) Veiller à l’équilibre d’assistance aux producteurs.

CCFD/FPFD :

  • 1) Valoriser les outils de communication (film, site internet).

GRET/FPFD :

  • 1) Veiller à la pertinence des actions liées à la composante nutrition.

10 juin 2014

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